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Normalien, il a incessamment dénoncé le biaix de la sélection scolaire, le fait que la concurrence à l'école était fortement, socialement biaisée. Que certains venaient avec les bonnes références, acquises dans le milieu familial, avec la connaissance du système scolaire par les parents, ce qui permettait de le contourner. Tout le système qui justifiait la présence d'une noblesse d'Etat est pipé.
La culture, la "distinction" est elle-même instrumentalisée, puisqu'elle sert à coder les différences de manière subtile, à se reconnaitre entre soi. Certains possèdent "l'habitus" ce sens naturel du jeu social utile à la réussite, habitus acquis dans le milieu d'origine essentiellement.
Il a contribué à la critique d'un système de sélection qui s'est avancé masqué, puisqu'il se contentait de reproduire une situation de classe, sans la modifier, "les héritiers".
LA difficulté est de tirer une politique de son analyse, certains voit Sarkozy comme son fils spirituel, qui s'attaque aux valeurs culturelles (la princesse de Clèves) pour attaquer le système "dont ils ne sont pas sortis malins" aurait chanté Jacques Brel. Le sarkozysme intègre ce refus de l'élitisme scolaire, mais peut-être pour sauvegarder les héritiers peu doués en fait.
"Le vent se lève, il faut tenter de vivre" Paul Valéry
J'ai feuilleté ce livre comme je le fais souvent à la FNAC, et je l'ai acheté en 1993 je crois, parce que le style m'a tout de suite frappé. Cela tient un peu de la"montagne magique", mais c'est tellement moins touffu, plus lumineux. C'est une lecture qui ne peut laisser personne indifférent.
C'est un peu mon chef d'oeuvre secret, celui d'un jeune homme qui accompagne sa bien-aimée dans un sanatorium, C'est un écrivain qui a influencé Philippe Forest, par cette manière de décrire la disparition de l'être proche.
Hori Tatsuo a traduit beaucoup d'écrivains et poètes français, et comme pour Mishima, l'influence des européens est sensible dans son oeuvre, celle de Rilke notamment, qu'il cite :
Ne reviens pas. Si tu le supportes
sois morte parmi les morts. Les morts sotn au travail.
Mais aide-moi, et sans te disperser,
comme m'aide le plus grand lointain : en moi.
Ce livre intimiste écrit en 1936-1938 aurait mérité un autre destin, et surtout d'être beaucoup plus lu. c'est ce que j'essaie de faire en le faisant connaître pour le partager.
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Le site de l'émission la grande librairie permet de revoir d'anciennes émissions. Celle consacrée à Paul Auster est touchante, c'est un écrivain que j'ai découvert voici une bonne quinzaine d'années, et la France l'a découvert avant son pays d'origine.
Il a inspiré "Syriana" où il joue son propre rôle. C'est un témoignage exceptionnel, ce n'est pas du SAS, c'est vrai cette fois. Il explique la différence entre l'organisation sunnite, un serpent sans tête, parce qu'il n'y a pas de stratégie, et pas de bouche pour négocier, et chiite, hiérarchisée, avec des objectifs. Les américains ont fait cadeau de l'irak aux iraniens, lesquels ont étendu leur influence en prenant le contrôle de la lutte contre les israeliens et en remportant une victoire militaire en 2006. L'Iran est devenu attractif, y compris pour les sunnites, comme adversaire fiable et unique des israeliens. Ce pays a une ambition d'empire, et souhaite obtenir la garde des lieux saints de l'Islam. Les autres pays arabes ont compris qu'ils en pèseraient pas lourd face à lui. Ahmanidejad n'a pas de pouvoir important, les vrais pouvoirs sont peu visibles et ont une vision à long terme, appuyés sur une mémoire historique. Le vrai fond de l'Iran est zoroastrien, l'islam n'est que plaqué sur ce vieux fond.
Pour ceux qui ne le connaissent pas, voici un grand poème anglais
OZYMANDIAS of EGYPT
I met a traveller from an antique land
Who said:—Two vast and trunkless legs of stone
Stand in the desert. Near them on the sand,
Half sunk, a shatter'd visage lies, whose frown
And wrinkled lip and sneer of cold command
Tell that its sculptor well those passions read
Which yet survive, stamp'd on these lifeless things,
The hand that mock'd them and the heart that fed.
And on the pedestal these words appear:
"My name is Ozymandias, king of kings:
Look on my works, Ye Mighty, and despair!"
Nothing beside remains: round the decay
Of that colossal wreck, boundless and bare,
The lone and level sands stretch far away.
J’ai rencontré un voyageur venu d’une terre antique
Qui disait : « Deux immenses jambes de pierre sans le tronc
Se trouvent dans le désert. Près d’elles, sur le sable,
Sombrant à moitié, un visage brisé est allongé, dont les sourcils sont
froncés,
Et les lèvres plissées, et qui sourit froidement sur commande,
Ce qui montre que son sculpteur a bien compris ces passions,
Dont survivent encore, empreintes sur ces choses sans vie,
La main qui s'est moquée d'elles et le cœur qui les a nourrit,
Et sur le piédestal ces mots apparaissent :
'Mon nom est Ozymandias, Roi des Rois :
Contemplez mes œuvres, Ô vous les puissants, et désespérez !'
Rien à côté ne reste. Autour de la décomposition
De cette colossale épave, illimitée et nue,
Seul les sables plats s'étirent au loin. »
He Wishes for the Cloths of Heaven
- HAD I the heavens' embroidered cloths,
- Enwrought with the golden and silver light,
- The blue and the dim and the dark cloths
- Of night and light and half-light,
- I would spread the cloths under your feet
- But I, being poor, have only my dreams;
- I have spread my dreams beneath your feet;
- Tread softly because you tread on my dreams...
- William Butler Yeats